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CUBA L'HÉROÏQUE !

J'ai visité cette île du soleil cinq fois, entre 1989 et 1996. J'y ai été pour me reposer, ou pour fuir le froid nordique, mais aussi pour un brin de curiosité pour la culture des caraïbes. Aussi n'ayant jamais connu de visu les régimes communistes, j'étais très curieux de connaître de près ce système politique.
 

par Nicola Franco

J'ai visité cette île du soleil cinq fois, entre 1989 et 1996.   J'y ai été pour me reposer,  ou  pour fuir le froid  nordique, mais aussi pour un brin de curiosité pour la  culture  des caraïbes.   Aussi n'ayant jamais connu de visu les régimes communistes, j'étais très  curieux  de connaître de près ce système politique.

Chacune des visites ont été pour moi l'occasion de pénétrer à l'intérieure d'une  culture qui se fait apprivoiser facilement.  Je vous avoue que dès la première visite, je me  suis fait séduire par la langue, par la musique et par la culture cubaine en général.     

Et mes séjours à Varadero, à Cienfuegos et  à Trinidad,  ainsi  que les visites de la  Havane, de la baie des cochons, de la Zapata, de l'Escambrai, des plantations de canne  à sucre, et finalement, des vacances chez une famille cubaine, ont fini par faire de moi  non seulement un admirateur de l'île, mais aussi un assez bon connaisseur de sa culture.

J'ai apprécié voir, soit à la Havane, (vieille ville) soit à Cienfuegos ( centre ville) et  surtout  à Trinidad (déclarée patrimoine de l'humanité par l'UNESCO) cet art coloniale de  l'habitat qui peut faire l'orgueil du pays.  J'ai apprécié pouvoir pénétrer à l'intérieur du  pays pour apprécier la beauté de la végétation  tropicale et les habitudes  quotidiennes des courageux paysans cubains.  Et quand plus tard (1994 et 1996) j'ai été  en mesure de parler et lire l'espagnol et me lier d'amitié avec une famille cubaine  cultivée,  j'ai été initié par eux, (généreusement m'ont transmis un bon nombre de livres  et de journaux ) à l'histoire et à la littérature cubaine.

Malheureusement ma relation d'amour avec Cuba c'est mal terminée.  Je vous raconte comment c'est fait l'évolution dans mon esprit  et comment elle m' a amené  vers l'abandon de l'île. Si j 'ai apprécié vite le climat, les beautés de l'île, la chaleur des gens et leur  culture,  j'ai aussi tout de suite remarqué que j'étais en visite dans un pays opprimé.  En arrivant à l'aéroport,  j'étais entouré de militaires.   Les douaniers ont ouvert  méthodiquement les valises.  Sur le site balnéaire, j'ai appris qu'aucun cubain pouvait  pénétrer à l'intérieur de l'hôtel, sinon ceux qui avaient été soigneusement choisis par le  parti. 

En me promenant dans les rues de Varadero, j'ai remarqué que les quelques boutiques  de la ville étaient  complètement vides, sans aucun produit sur les étagères.  Les jours suivants, j'ai observé, ici et là, des files de gens qui, avec un livret à la main,  attendaient pour pouvoir recevoir (une fois par semaine ou une fois par mois, tout  dépendant du produit disponible) le pain, le  sucre, le café, la viande, le tout selon le  nombre de personnes dans la famille et selon les âges des personnes.  Les enfants et les  vieux étaient les privilégiés de toutes les catégories quant au lait et à la viande.     

En visitant la ville de la Havane, j'ai fait face à des militaires armés à tous les coins de  rues et j'ai rencontré partout ces interminables queues de gens qui patiemment  attendaient pour avoir le pain de la semaine ou une crème glacée.  Chaque matin, de ma chambre d'hôtel, je voyais des camions de l'armée russe qui  transportaient les  travailleurs vers les usines ou vers les champs agricoles;  même  les jeunes élèves des écoles, pendant la période de vacances ou des récoltes,  étaient recrutés pour les  travaux des champs.  Le soir, les trottoirs de la ville étaient  remplies de prostituées qui pour quelques billets verts étaient prêtes à livrer leur corps aux touristes.

Il est vrai que le gouvernement cubain a réussi à donner une éducation poussée à  son peuple.  Il est  vrai que ce même gouvernement a mis en place un système de  santé qui pourrait faire notre envie, ouvert à tout le monde.  Mais quant au reste, ça été  l'échec total et c'est le peuple qui en fait les frais. Ce que j'ai observé à Varadero, je l'ai observé les années suivantes dans les autres villes.  Je dirais même que les choses ont empiré après le départ des Russes.  Je me souviens pendant des vacances à Trinidad combien contrastait la beauté de la  ville avec la misère du peuple.  Je me souviens de ces jeunes cubains endoctrinés par le  régime et faisant parti des forces de lutte anti impérialistes qui, au sommet de l'hôtel,  longues-vues en main, surveillaient les mouvements de chaque touriste sur le terrain de  l'hôtel.   Un jour, je visitais Cienfuegos en compagnie d'un ami  qui, après quelques  arrangements avec des gens du pouvoir, a voulu me faire visiter la maison qui lui était  fournie par le gouvernement (extrêmement modeste, croyez-moi).  En nous dirigeant de  l'hôtel vers la ville, je vis des plantations de manguiers et de bananiers.   Je dis tout  simplement : 'Vous avez des belles plantations dans la région'!   Il me répondit : 'Tout ce qui est produit dans les champs et dans les vergers est destiné d'abord au touristes  et s'ils en reste, ça  sera offert dans les magasins d'état à la population'!    Cette  réponse produit un choc terrible dans mon esprit, car je me suis senti comme quelqu'un  qui vient leur volé le pain sur la table.   

C'est lors de ma dernière visite à Cuba, en 1996, que j'ai décidé de rompre avec l'île.  La famille avec qui j'avais créé des bons liens d'amitié, insista pour que je passe les  vacances chez-eux. J'ai aimé cette semaine auprès d'eux, car j'ai découvert une famille  bien soudée et j'ai pu vérifier et admirer leur esprit de courage et de sacrifice.  Mais j'ai  appris tellement  de choses sur le régime que j'en fus bouleversé. Le gouvernement avait  fait quelques compromis pour calmer un peu les esprits et susciter des petits espoirs. Il leur permis de pouvoir accéder aux 'tiendas' (des Walmart miniatures), s'ils  disposaient de billets verts; il leur permit d'accéder à des petites entreprises familiales  à condition qu'ils payent des impôts sur les revenus; il tolérait désormais le marché au  noir.  Mais le régime restait fondamentalement très dur. 

Le soir, quand tout le monde se barricade dans leurs demeures, je me suis permis de  poser des questions qui me préoccupaient depuis longtemps.  C'est dans cette intimité  que j'ai appris que mes amis, comme tant d'autres, étaient fatigués du régime.  C'est là que j'ai appris que les intellectuels se taisaient par peur; qu'il fallait même se  méfier des voisins et des comités de surveillance de quartier si on ne voulait pas être  persécutés par le parti ou finir en prison; que le parti qui, théoriquement, voulait abolir  les classes, en réalité avait créé des classes de favorisés parmi ceux qui le soutenait .

Il fallait être bien vus par le parti si on voulait obtenir un travail administratif;  il fallait être  recommandé par une personne influente dans le parti pour pouvoir être embauché  dans l'industrie du tourisme ou l'industrie des billets verts.  Il fallait,  sur le travail,  montrer qu'on était proactif pour le régime si on ne voulait pas perdre son emploi.  En partant de Cuba en 1996, je me suis dit que je n'avais plus à verser un dollar pour ce  régime et que même si j'aimais mes amis, je n'encouragerai plus un gouvernement qui opprime son peuple.

Les cubains ne sont pas libres.  Ils doivent se soumettre,  dès la jeune enfance, à la doctrine castriste.  Les adultes sont sans cesse endoctrinés dans les comités  de quartiers et bombardés par la propagande révolutionnaire; s'ils veulent survivre,  ils doivent se joindre aux foules et idolâtrer 'el comandante'.   Ceux qui ne  sont pas membres en règle du parti sont soupçonnés et tenus à l'œil; ceux qui  ne  fréquentent pas les réunions de quartier sont sur des listes noirs et ne bénéficient pas des faveurs du parti; chacun, chaque famille est surveillée par ses voisins de sorte que  le cubain ne peut se fier à personne, même pas à sa propre parenté.  Les intellectuels  sont les premiers sur les  listes de surveillance, car le parti sait qu'ils sont les plus  dangereux pour nuire au pouvoir en place.  Il ne faut pas qu'un soupçon pèse sur eux,  car ils peuvent facilement être étouffés dans l'expression de leur pensée ou isolés dans  les prisons pour le reste de leur vie.

C'est l'histoire qui se répète pour les pauvres cubains.  Les Espagnols les premiers les  ont soumis à un esclavage brutal, de sorte qu'en quelques dizaines d'années la  population autochtone disparaît totalement.  Ces même Espagnols importent des milliers de noirs d'Afrique et les  feront travailler comme esclaves dans les  champs de   canne à sucre.  Les Anglais ont pris la relève  des Espagnols après 1762 avec  l'occupation de la Havane.  Durant onze mois plus de mille navires touchent au port de la  Havane, et  introduisent plus de dix mille esclaves pour favoriser le développement de  l'industrie sucrière. 

Pendant un siècle les cubains s'organisent et luttent pour se donner un pays  et  retrouver la liberté et la dignité.  Des hommes comme Carlos Emmanuel de Cespedes,  Calixto Garcia, José Marti et bien d'autres ont fusionné leur peuple et l'ont préparé à la lutte pour l'indépendance.  Mais à la veille de la victoire des révolutionnaires sur  les espagnols, les États-Unis interviennent dans la guerre et signent un traité avec  l'Espagne qui leur donne le contrôle absolu sur Cuba.  Pendant cinquante ans,  l'île verra se succéder des gouvernements corrompus et  des interventions nord-américaine dans le seul but de livrer toujours plus les richesses du  pays aux intérêts étrangers. Le 10 mars 1952, le général Fulgenzio Batista instaure une des dictatures les plus  cruelles de l'histoire de Cuba.  Les forces de libération s'organisent et entre le 26 juillet  1953 et le 1er janvier 1959, avec à leur tête Fidel Castro, réussissent à libérer le pays de  la tyrannie.

Malheureusement cette libération qui  aurait pu être la fin d'un esclavage millénaire  s'est avérée comme le début d'un autre esclavage, pire que tous les précédents, car  elle prive le cubain de la plus grande richesse, la liberté; liberté de pensée et liberté  d'agir. 

Je suis rentré au pays en 1996 en me disant que je remettrai les pieds en sol cubain  le jour où je verrai les prisons cubaines se vider des prisonniers politiques, le jour où  chaque citoyen de l'île pourra gagner son pain comme il le voudra et bénéficier des fruits  de son labeur pour sa famille d'abord, pour sa patrie ensuite.


 
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